La Limite des Parties Intimes de l’Homme (awra)

Quand un homme désire prier, il est tenu de couvrir ses parties génitales et son postérieur. Quant à couvrir le nombril, les cuisses et les genoux, les avis sont partagés à ce sujet. Les uns disent que ces parties du corps entrent également dans le cadre des parties intimes ; d’autres jurisconsultes pensent le contraire.

Arguments de ceux qui pensent que ces parties ne sont pas ‘awra :

Les jurisconsultes qui pensent que ni le nombril ni les cuisses ni les genoux ne sont des parties intimes s’appuient sur les hadith suivants :

– La mère des croyants, ‘Aisha, rapporte que le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, était assis la cuisse découverte, lorsque Abu Bakr demanda la permission d’entrer ; le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, acquiesça sans pour autant changer de position. Ensuite, ‘Umar demanda le permission d’entrer et le Prophète acquiesça sans non plus changer de position. Enfin ‘Uthman demanda la permission d’entrer, mais à ce moment, le Prophète couvrit sa cuisse à l’aide de son vêtement. Quand ils partirent, je demandai au Prophète pourquoi, à l’entré d’Abu Bakr et de ‘Umar, il n’avait pas recouvert sa cuisse, alors qu’à l’entrée de ‘Utman, il l’avait fait. Il me répondit : « Ô ‘Aisha, je rougis de pudeur devant un homme à l’égard duquel les Anges eux-même font preuve de pudeur! » (Ahmad).

– Anas raconte que le jour de Khaybar, le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, avait relevé son vêtement et découvert sa cuisse à tel point que j’apercevais la blancheur de sa peau » (Al Bukhari, Ahmad). Ibn Hazm déduit de cela que la cuisse n’entre pas dans le cadre des parties intimes. « Si elle entrait dans ce cadre, dit-il, Dieu n’aurait pas permis qu’Anas Ibn Mâlik ni qui que ce soit d’autre ne l’aperçoive du Prophète, car celui-ci a été préservé par Dieu, y compris dans son enfance et avant la prophétie. En outre, on rapporte dans les deux « Sahih » d’après Jâbir que lors de la reconstruction de la Ka’ba, le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, porta des pierres avec les habitants de La Mecque, vêtu d’un tablier. Son oncle Al-‘Abbâs lui dit alors : « Ô fils de mon frère, pourquoi ne dénoues-tu pas tin tablier et ne le mets-tu pas sur les épaules afin de ne pas etre blessé par les pierres? ». Le Prophète suivit les conseils de son oncle, mais il tomba de suite évanoui. A partir de ce jour, on ne vit plus une seule partie de son intimité ».

– Muslim rapporte d’après Abû Al-‘Aliyya Al-Barâ’ les faits suivants : « ‘Abdallah Ibn As-Sâmit me frappa sur la cuisse et me dit : J’ai interrogé Abû Dharr qui m’a donné une frappe sur la cuisse comme je viens de le faire sur la tienne. Ensuite, il m’a informé qu’il avait posé la même question à l’Envoyé de Dieu, salla l-Lahu alleyhi wa salam, que celui-ci avait donné une frappe sur la cuisse comme celle que je viens de donner sur la tienne, et il avait dit : « Accomplis ta prière à son heure prescrite ». Le commentateur d’Ibn Hazm est que si la cuisse était considérée comme des parties intimes, le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, ne l’aurait pas touchée. On n’imaginerait pas un musulman donner une frappe sur les parties génitales ou sur le dos d’autre homme, même vêtu, ni donner une frappe sur le corps d’une femme étrangère ». Ibn Hazm cite ensuite, d’après sa propre chaîne de transmission, un dire remontant jusqu’à Jâbir Ibn Al-Huwayrith qui affirme que celui-ci dit avoir regardé la cuisse d’Abû Bakr alors qu’elle était découverte, et que Anas Ibn Mâlik vint trouver Qays Ibn Shammâs alors que ses cuisses étaient découvertes.

Les arguments de ceux qui soutiennent que les cuisses sont des parties intimes :

Deux hadith sont cités à l’appui de leurs arguments :

– Muhammad Ibn Jahsh rapporte : « Le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, passa devant Ma’mar dont les cuisses étaient dénudées, et il lui dit : « Ô Ma’mar, couvre-toi tes cuisses, car elles relèvent des parties intimes » (Al Bukhari, Ahmad, Al-Hâkim).

– Jarhad rapporte également que le Prophète, salla l-Lahu alleyhi wa salam, passa devant lui alors qu’il portait une tunique. Sa cuisse se dévoila et le Prophète lui dit : « Couvre-toi les cuisses, car elles sont des parties intimes » (Mâlik, Ahmad, Abû Dawud, At-Tirmidhi).

Tels sont les arguments avancés par chacune des deux parties. Il appartient au musulman de choisir le meilleur de ces avis. En tout état de cause, il paraît sage de prendre ses précautions et de se couvrir, autant que faire se peut, le nombril, les cuisses et les genoux. Al-Bukhâri conclut pour sa part en disant que le hadith de Anas est plus appuyé et que celui de Jarhad répond à toutes les précautions utiles.

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